La solitude de l'entrepreneur : Katia LOBATO en parler vraiment
5/23/20268 min read
L La solitude de l'entrepreneur : en parler vraiment
La solitude de l'entrepreneur est réelle, pas romantique. Ce que ça fait vraiment de décider seul pendant 10 ans, et ce qui aide, sans platitudes.
Ce n'est pas simplement être seul physiquement. On peut être entouré de clients, de prestataires, de collaborateurs, et être profondément seul dans la fonction de direction.
Il y a aussi une solitude relationnelle spécifique. Tes amis salariés ne comprennent pas vraiment pourquoi tu travailles un dimanche, pourquoi tu ne "déconnectes" pas en vacances, pourquoi une mauvaise nouvelle professionnelle peut te hanter deux semaines. Ce n'est pas leur faute. Ils n'ont pas ce référentiel. Et expliquer à chaque fois est épuisant, alors tu arrêtes d'expliquer.
Ce que la solitude entrepreneuriale est vraiment
Il y a une version glamour de la solitude entrepreneuriale. Celle du fondateur visionnaire qui avance seul contre vents et marées, qui résiste aux incompréhensions, qui trace sa route en dehors des sentiers battus. Belle image. Elle sert à vendre des formations et à remplir des keynotes.
La réalité quotidienne est plus ordinaire et plus lourde. C'est le dimanche soir où tu passes en revue les problèmes de la semaine sans personne à qui les confier vraiment. C'est la décision difficile que tu prends seul et qui te reste sur l'estomac plusieurs jours. C'est l'absence de quelqu'un qui comprend réellement ce que tu traverses, pas de l'extérieur, mais de l'intérieur.
Après dix ans à la tête des Demoiselles de Versailles, je peux dire ceci : la solitude de l'entrepreneur est une des réalités les moins bien adressées du monde du business. On en parle soit pour la romantiser, soit pour proposer des solutions superficielles. Rarement pour la nommer correctement.
La solitude entrepreneuriale :
C'est l'absence de partage de la responsabilité finale. Personne ne porte avec toi le poids des décisions qui engagent l'avenir de ta structure. Personne ne partage vraiment l'anxiété d'une période creuse, la pression d'un contrat clé, la charge mentale de devoir tout maintenir en mouvement simultanément.
Pourquoi nier la solitude coûte cher.
Beaucoup d'entrepreneurs nient la solitude parce qu'admettre qu'on se sent seul semble contradictoire avec l'image du chef d'entreprise solide. "Je suis mon propre patron, j'ai la liberté, je fais ce que j'aime." Avouer la solitude ressemble à une ingratitude ou à une faiblesse.
Cette négation a des conséquences concrètes. Elle pousse à prendre de mauvaises décisions sans chercher de regard extérieur, par refus d'admettre qu'on en aurait besoin. Elle entretient un isolement qui s'approfondit progressivement. Et elle crée un décalage entre l'image que tu projettes et ce que tu vis, décalage qui consomme de l'énergie en permanence.
Nommer la solitude n'est pas se plaindre. C'est voir clairement une composante réelle de ta réalité pour pouvoir y répondre intelligemment.
Ce qui ne fonctionne pas
Soyons directs sur les réponses habituelles.
Les groupes de networking généralistes : ils remplissent un vide social superficiel, rarement un vide de fond. Les échanges y restent souvent au niveau des apparences, et la compétition latente empêche la vraie confiance.Les
Les mastermind dont le seul objectif est la croissance chiffrée : ils créent une nouvelle pression, pas un espace de respiration. Si tu te sens déjà sous l'eau, te retrouver avec des gens qui affichent leurs chiffres records n'aide pas.
Les injonctions du type "rejoins une communauté d'entrepreneurs" : une communauté n'est pas une solution automatique. La qualité des liens compte infiniment plus que leur nombre.
Ce qui aide vraiment
Un ou deux interlocuteurs de confiance absolue
Pas cinq, pas dix. Un ou deux. Des personnes qui comprennent ce que c'est de diriger, qui n'ont aucun intérêt dans ta réussite ou ton échec, et à qui tu peux dire les choses vraiment. Sans filtre, sans te mettre en scène.
Ces relations ne se trouvent pas sur commande. Elles se construisent dans le temps, par des conversations honnêtes et réciproques. Identifier qui dans ton entourage peut jouer ce rôle est un travail en soi. Et si personne ne peut le jouer aujourd'hui, un accompagnement professionnel individuel est plus honnête et plus efficace que de faire semblant.
Distinguer solitude structurelle et solitude passagère
Toutes les solitudes ne sont pas identiques. Il y a la solitude inhérente à la fonction : elle ne disparaîtra pas, et vouloir l'éliminer complètement est une attente irréaliste. Elle fait partie de ce que c'est que diriger.
Et il y a la solitude passagère, liée à une période particulièrement chargée, à un isolement géographique ou relationnel, à un moment de crise. Celle-là mérite une réponse active.
Confondre les deux mène soit à une résignation excessive, soit à une agitation infructueuse.
Le mot "bien-être" agace beaucoup d'entrepreneurs sérieux, et je les comprends. Mais derrière ce mot, il y a une réalité opérationnelle : si tu ne crées pas d'espaces réguliers où tu poses la charge mentale, elle s'accumule jusqu'à saturation.
Ce que j'ai mis en place n'a rien d'élaboré. Une marche le matin sans téléphone. Une règle stricte sur les horaires de réponse aux messages. Une plage hebdomadaire sanctuarisée sans agenda professionnel. Ce ne sont pas des luxes. Ce sont des conditions pour tenir sur le long terme.
Créer des rituels de décompression
Accepter que certaines périodes soient simplement difficiles
LIl n'y a pas toujours une solution. Certaines périodes de solitude intense sont liées à des circonstances qui ne se résolvent pas vite : une phase de croissance isolante, une décision structurelle qui prend du temps, une transition qui ne peut pas être accélérée.
Chercher une solution à tout coûte parfois plus cher que de traverser la période avec lucidité. Savoir que c'est temporaire, en avoir conscience, et continuer à avancer : c'est parfois la réponse la plus utile.
Le coaching professionnel face à la solitude de l'entrepreneur
Parmi les ressources concrètes pour traverser la solitude entrepreneuriale, le coaching professionnel est l'une des plus sous-utilisées et des plus efficaces. Pas parce qu'un coach résout les problèmes à ta place. Mais parce qu'être accompagné par un professionnel crée quelque chose d'introuvable ailleurs : un espace de questionnement structuré, sans agenda caché, entièrement dédié à ta vie professionnelle et à ton projet professionnel.
Le coaching individuel commence souvent par un travail de fond sur ta posture de dirigeant(e). Pas uniquement sur tes objectifs professionnels ou ton évolution professionnelle, mais sur la façon dont tu habites ton rôle, dont tu prends les décisions, dont tu te situes face à l'incertitude. C'est un travail de prendre du recul que le quotidien opérationnel ne permet jamais vraiment.
Il existe plusieurs approches. Le coaching de cadres, orienté performance et prise de fonction, s'adresse aux dirigeants qui cherchent à structurer leur leadership dans une phase de croissance ou de transition. D'autres praticiens travaillent avec des approches comme la Gestalt, qui s'intéresse à ce qui se passe dans la relation entre la personne et son environnement particulièrement pertinent pour un entrepreneur dont la structure est souvent le prolongement direct de son identité. L'analyse des pratiques et la supervision permettent quant à elles de prendre du recul sur ses propres réflexes, ses angles morts, ses automatismes de décision.
Ce qui distingue un coach professionnel sérieux des autres, c'est la déontologie. Confidentialité stricte, absence de conseil directif, supervision régulière de sa propre pratique. Un accompagnement coaching solide, individuel et collectif selon les besoins, repose sur ce cadre c'est ce qui rend l'espace utilisable pour dire ce qu'on ne dit nulle part ailleurs.
Le bilan de compétences peut être un point d'entrée utile, notamment pour les entrepreneurs en reconversion ou en phase de professionnalisation d'une activité existante. Il permet de cartographier ses ressources réelles, ses zones de développement professionnel, et de calibrer un projet professionnel cohérent avec qui on est vraiment pas avec qui on croit devoir être.
Ce que j'observe dans mon travail d'accompagnement individuel avec les entrepreneures que je suis : ce n'est pas le manque de compétences techniques qui freine le plus. C'est l'absence d'un espace où penser sa trajectoire socio-professionnelle à voix haute, avec quelqu'un qui peut accompagner individuellement sans juger et sans vendre. Formateurs, coachs, mentors les rôles sont différents, mais ils ont en commun de rompre l'isolement par une présence professionnelle structurée. Que ce soit dans une démarche d'accompagnement social et professionnel, de cohésion d'équipe naissante, ou de simple espace de réflexion individuel : l'essentiel est de ne pas confondre tenir seul et être fort.
Ce que 10 ans m'ont appris
La solitude ne disparaît pas avec le succès. Elle change de forme. Les décisions deviennent plus lourdes, les enjeux plus importants, et la responsabilité plus solitaire encore.
Ce qui change avec l'expérience : tu apprends à la reconnaître pour ce qu'elle est, à ne plus la confondre avec un signe d'échec, et à construire les ressources qui te permettent de la traverser sans qu'elle te paralyse.
Les coachs professionnels certifiés qu'il s'agisse d'un coach individuel, d'un coach en entreprise ou d'un coach certifié spécialisé dans le coaching de dirigeants partagent tous un cadre du coaching rigoureux. Ce cadre définit le processus de coaching, la durée et la structure des séances de coaching, ainsi que les conditions d'un travail tripartite lorsqu'une organisation est impliquée. Les dirigeants et managers qui ont bénéficié d'un coaching témoignent régulièrement du même changement : non pas une transformation spectaculaire, mais une capacité accrue à clarifier leurs priorités, à prendre des décisions plus alignées, et à traverser les périodes de tension avec plus de ressources.
La pratique du coaching s'est considérablement professionnalisée. On distingue aujourd'hui le coaching individuel du coaching collectif, le coaching d'équipe orienté cohésion et compétences managériales, et le coaching en entreprise qui intègre des dimensions systémiques propres aux organisations. Les consultants et coachs professionnels qui exercent dans un cabinet de coaching sérieux s'appuient sur des approches variées PNL, approche systémique, développement personnel, outils issus des neurosciences pour coacher aussi bien des managers en prise de poste que des dirigeants en transition. Managers et dirigeants qui ont été coachés, c'est-à-dire accompagnés dans un processus structuré, décrivent systématiquement le même effet : ils se sentent moins seuls dans leur fonction, pas parce que quelqu'un décide à leur place, mais parce qu'ils ont enfin un espace pour penser leur posture managériale à voix haute.
Le métier de coach est lui-même exigeant. Devenir coach certifié nécessite une formation de coach sérieuse, souvent pluriannuelle, qui va bien au-delà des bases du développement personnel. Les formations coaching reconnues intègrent la supervision, l'analyse des pratiques, et une réflexion approfondie sur la déontologie. Les coachés qu'ils soient entrepreneurs solos, managers intermédiaires ou dirigeants de grands groupes bénéficient d'un coaching d'autant plus efficace que leur coach est lui-même bien formé, bien supervisé, et ancré dans une pratique du coaching solide. La différence entre un coach de vie généraliste et un coach certifié spécialisé dans le coaching de dirigeants est réelle, et elle se ressent dès les premières séances.
Katia Lobato
Fondatrice · Les Demoiselles à Versailles
Katia Lobato a créé les Demoiselles à Versailles en 2015, une conciergerie de luxe construite depuis zéro, sans réseau dans le secteur. Elle transmet aujourd'hui les codes du luxe et les standards de l'excellence entrepreneuriale aux femmes qui construisent leur activité dans le haut de gamme.
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